katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mercredi, août 06, 2008

Brûlante


"La contemplation - qui n'est pas la rêverie, non plus la nonchalance - préside à l'essentiel, au silence comme à la parole en gestation. La contemplation est reine de notre vie ou mendiante. Elle ne saurait être dans les temples des marchands, dans les usines ahurissantes, dans les coffres des banques. La contemplation n'a pour elle que la patrie de l'azur et la fraternité des hommes. Elle va où elle veut, quand elle veut. Dans ce monde très étroit, où l'on vous enchaîne dès le berceau, elle n'en fait qu'à sa tête, n'obéissant à personne. Sourcier, elle débusque les sources. Héritière de tous ceux qui ont levé le poing, elle lance la tradition bien au-delà de l'avenir. Elle est un pont sur les eaux invisibles. Elle est un chant sur les feuillages, dans les ruelle de nos villes de glace. Elle se promène souvent, un maigre sac jeté sur son épaule. Vous la verrez, un jour, brûlante au cœur de toutes les choses."

Joël Vernet, Totems de sable

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