katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

samedi, décembre 27, 2014

sa paresse l'a soutenu avec gloire

Première neige.

Petite marche au petit matin.

Pensées pour Robert Walser, pour Walter Benjamin.

Rapprochés à cause du W?!?

Je ne sais pas trop.

Deux marcheurs, attentifs et curieux, avec des nuages fort différents s'entassant dans leurs têtes; l'un les chassant sans trop de problème, l'autre sans cesse encombré.

L'un en faisant des fables, des chroniques douces et drôles, parfois insolentes; musardant beaucoup, se riant des prétendus impératifs de la "vraie vie".

L'autre compilant, annotant, écrivant des lettres, beaucoup de lettres; toujours dans une inquiétude et une lucidité brûlantes.

Ceci, dans la dernière pour sa cousine Hannah Arendt, en juillet 1940:

"Je serais plongé dans un cafard plus noir encore que celui qui me tient à présent si, tout dépourvu que je sois de livres, je n'avais pas trouvé dans ma mémoire la seule maxime qui s'applique magnifiquement à ma condition actuelle. "Sa paresse l'a soutenu avec gloire, durant plusieurs années, dans l'obscurité d'une vie errante et cachée." (La Rochefoucauld parlant de Retz)."

Quand flemmer revient à aiguiser sans cesse son intelligence du monde, qu'elle soit douloureuse ou souriante, on se dit qu'il faudrait beaucoup plus de politiciens dilettantes, de chefs d'entreprise distraits, de banquiers et d'assureurs détendus. De guerriers indisciplinés et paresseux.

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