katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

lundi, novembre 13, 2006

Dürrenmatt

Un type un peu décalé, un petit sac sur le dos, toujours en train de griffonner de pages et des pages.

Non, ce n’est pas moi, mon sac n’est pas petit, désolé.

Voilà longtemps que l’on discute littérature lorsque nous nous croisons à l’Aubier, un café neuchâtelois que j’adore. J’ai, depuis la première fois où nous avons échangé quelques mots, appris qu’il s’agit d’un écrivain du coin, grand adepte de Denis de Rougemont et de Jaroslav Hasek (une fois de plus, Gary m’a été utile pour faire la connaissance de quelqu’un sortant du commun, puisque j’avais eu vent de cet auteur grâce à une nouvelle de Gary dans laquelle apparaît un soldat Chveik, référence directe à Hasek et à ce personnage picaresque. Bref.).

Il m’a envoyé (ni Gary ni Hasek, l'homme au petit sac), cette semaine, une photocopie d’un texte de Dürrenmatt absolument grandiose paru dans « L’Impartial » en 1990, il s’y demande ce que devient l’écrivain qui se refuse à « étaler son moi ».

Est-ce qu’il lui reste des histoires possible si « […] rien ne le pousse à exposer ses propres aventures et sa manière personnelle de coucher avec les femmes, comme si l’exactitude du tableau avait quelque chance de transposer la chose aux dimensions universelles, alors qu’elle semble plutôt devoir la faire verser au dossier d’une enquête médicale ou psychologique ; […] » ?!?

Il en profite pour parler de la presse hebdomadaire illustrée qui se gave des « figures interchangeables de l’actualité, périmées déjà dans le moment qu’on parle d’elles. »

Grand pourfendeur que je suis de l’ « autofiction » et de tous les tas de vomis qui nous sont servis sur un plateau par les personnes médiatiques qui prennent la plume pour parler de leur petite cuisine personnelle, je ne peux qu’abonder dans son sens.

Je pense aussi, en lisant ses lignes, aux séries télévisées qui pullulent et qui, par des nouvelles qualités sorties de je ne sais trop où, sont censées faire de l’ombre au Grand écran.

Pour me tenir au courant, puisque je ne regarde par grand chose à la télé hormis des matchs de foot, il m’est arrivé, il y a quelques mois, de demander qui étaient donc ces quatre personnes magnifiques qui faisaient la une de tous les magazines qui se respectaient.

Le titre de la série semblait assez bien résumé à quoi il faut en être réduit pour regarder ces donzelles « couchoter » à gauche à droite.

Aujourd’hui, elles ne sont déjà pratiquement plus d’actualité, d’après ce que j’ai pu comprendre.

Voilà qui me (ré)conforte, j’ai meilleur temps de me replonger dans « Le juge et son bourreau » plutôt que de passer un week-end à profiter d’un des coffrets magiques estampillés « saison intégrale » qui font le bonheur de la Fnac, entre autres.

Et je profiterai d’une pause dans ma lecture pour aller me louer « The Pledge », un film et une histoire qui, par-delà les mois, ne peuvent pas laisser indifférent.

Merci Mr Dürrenmatt.

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2 Comments:

Blogger Petchal said...

Est-ce que le Centre Dürrenmatt en vaut la peine?

Moi qui suis pas trop TV non plus, et encore moins séries, j'ai vachement croché au coffret des Casseurs de Prison. Et franchement c'est bien plus intéressant que suivant quel match de foot.

14 novembre, 2006 12:22  
Blogger bulle de savon said...

Très bon post ! merci à toi karim de dévoiler une partie de toi à tes lecteurs...

nous avons tous nos préjugés, certains passent d'un extrême à l'autre, ne veulent plus de TV et pourtant on vient quand même leur réclamer la redevance lol

Ce que j'aime dans l'image, le son, l'expression, etc c'est que çA fait marcher de manière plus activiste nos 5 sens pour les personnes qui ont dû mal avec leur concentration comme moi, mais attention ce n'est pas parce que je ne crache pas sur la TV que j'approuve tout ce que je voie ou entends; c'est comme dans la vie, un esprit critique (clin d'oeil)

Continues seulement comme cela :) et merci aussi à Mr. Dürrenmatt

15 novembre, 2006 16:11  

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