katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

vendredi, avril 27, 2007

J’ai passé, il y a quelque temps, une nuit dans la maison de ma grand-maman, cela faisait plus d’une année. Elle est maintenant chauffée « comme il faut ». Le froid confus, qui s’immisçait dans les endroits que la seule cheminée ne parvenait pas à envelopper de ses flammes, a disparu, remplacé par une chaleur généralisée répandue par le système centralisé. Un investissement qui raisonne un peu comme un effacement du passé. Un de plus. Probablement cela devrait-il rendre l’endroit plus accueillant, mais je ne parviens pas à m’y résoudre. Plus besoin, cela m’attriste, de ces « bouillottes » glissées amoureusement sous le duvet, petite empreinte de chaud dans le lit où un courant glacial se prélassait, métal qui brûlait la peau de nos petites cuisses alors que le reste du corps était frigorifié.

Se faire fœtus afin de devenir suffisamment petit pour fondre dans le nid dessiné par cet objet sorti d’un autre temps.

Plus besoin de bouillotte. Plus besoin de rien, décidément, précisément. L’abondance épuise nos vies, offre au gris la malchance de prendre le dessus. Je me réfugie dans l’écriture, terreau d’un repos serein qui s’oppose à la fatigue maladive, palette de couleurs infinies pour combattre et dénoncer la morosité.

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1 Comments:

Anonymous Clé said...

Clé dit:
comme d'habitude je réagis à retardement, car ma jeunesse est déja loin derrière moi! Tu parles du changement dû à l'installation du chauffage central, mais tu n'as jamais connu la froidure qui régnait durant toute mon enfance et mon adolescence!!! A l'époque, nous avions droit non seulement à la bouillote, mais aussi aux draps en molleton, et parfois nous avions quand même froid. Les hiver étaient beaucoup plus rigoureux et il y avait beaucoup de neige jusqu'en plaine...Les vitres des fenêtres se paraient de magnifiques étoiles de gel... Au 2ème étage, il y avait juste un fourneau à bois à la salle de bain, alors le matin, on ne trainait pas sous la douche. On prenait un bain par semaine le samedi, et les autres jours, on faisait "une toilette de chat" et on ne se portaient pas plus mal. Au 1er étage, il y avait la cuisine, tempérée par le canal de la cheminée, ainsi que 3 chambres, dont 2 communiquantes avec un fourneau à mazout, ainsi que le salon, avec un poêle à bois qu'on n'allumait que dans les grandes occasions. Ce qui était le moins évident, c'étaient le bois, le charbon et le mazout qu'on devait transporter tout les jours. Mais le pire, c'était l'été quand le grand père avait coupé le bois à la hache(il achetait des "stères" de bois, soit des morceaux d'arbres d'environ 1 mètre de long). Car lorsque le bois était bien sec, on transportait le bois du jardin à la maison dans une charrette, et ensuite, on montait tout le bois au galetas. Je te laisse imaginer, quoiqu'en fait te connaissant relativement bien, tu aurais peut être préféré vivre à cette époque...Bisous

02 mai, 2007 20:15  

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