katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

dimanche, février 08, 2009

Par-delà le morcellement

Dans le morcellement qu’était la famille, quand je mettais des pantoufles pour aller à l’école, et après, surtout, les nids de plusieurs amis m’ont dessiné une place merveilleuse.


Des endroits où j’arrivais toujours avec l’impression d’être comme chez moi.


Ce sont des témoignages d’amour qui n’ont pas de prix, des moments de mon existence qui m’ont permis de me constituer, des mains tendues qui ont participé à mon envol.


Sans eux, cette liberté immense que je sens souffler, en moi, ne serait peut-être pas.


Une de ces personnes s’en est allée, hier, je l’entends encore me saluer de sa voix reconnaissable entre mille, je me vois le taquiner, souvent bronzé et souriant qu’il était, lui demandant de m’expliquer lequel de nous deux était le bougnoule.


Béatrice m’a envoyé un message magnifique, en réponse notamment à une de mes questions sur Exit, dans lequel elle m’a déroulé cette citation de Bobin : « Ils ont peur de la mort plus que tout, mais ils ne voient pas qu’il y a plus redoutable : une vie sans amour ».


Le merveilleux monsieur, qui a fermé les yeux, hier, a aimé, et est aimé, j’en suis certain.

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4 Comments:

Anonymous A. said...

K., je t'ai ajouté à mes contacts msn, en espérant que ça ne te dérange pas.

Passe une belle journée,
ici il fait beau, le soleil danse avec les légers nuages blancs, il y a longtemps que ça n'était pas arrivé.

Alice

09 février, 2009 14:55  
Anonymous A. said...

Christian Bobin disait :

"La première neige a plané, frivole, au-dessus de la terre froide, elle est venue en avant garde, n'est pas restée, est repartie légère, trois petits tours, deux airs de danse. La neige est une enfant, la Mort est une enfant, l'amour est une enfant. La mort comme l'amour nous donnent même stupeur blanche, l'amour comme la neige, la mort comme l'amour réveillent en nous les fièvres de l'enfance. La mort saisit des nouveaux-nés, des vieillards ou des fées. Juste avant de les prendre elle leur enlève leur âge, la mort, l'amour et la neige nous ravissent hors du temps. Devant la neige nous sommes tous des enfants, devant l'amour nous sommes tous des enfants. Devant la mort nous sommes tous des enfants. La neige est une enfant en robe blanche, une petite fille qui fait ses premiers pas sur terre, une petite fille d'un an, un an et demi, elle apparaît, elle disparaît, elle réapparaît l'année suivante et elle a toujours le même âge, elle ne vieillit pas, tu lui ressembles désormais, tu as jusqu'à la fin des temps ton âge, tu ne vieilliras plus et ton nom, à le prononcer, fera venir sur le bout de ma langue cette fraîcheur des premiers flocons de neige. (...) Si éclairants soient les grands textes, ils donnent moins de lumière que les premiers flocons de neige."



Et ton ami disparu, aura toujours cette lumière des premières neiges.

09 février, 2009 21:00  
Anonymous Anonyme said...

Tu fais plaisir....

10 février, 2009 16:30  
Anonymous Anonyme said...

Et moi, Marie-Christine Touchemoulin, dans le prolongement d'un ancêtre musicien, entre autres,sous l'impact d'une femme décédée quelques jours après l'écriture de ce texte, je m'incline et je leur lance la fleur en vous envoyant la main :

Génépi
Larmes de sève
La magie blanche des armoises
Embaume "Les diables de Bessans"

A la Saint Vincent
L'aïeule aura presque cent ans
Et deux guerres
En contant la sienne
Elle n'a écrit aucun poème
Mais sous sa coiffe
Elle abrite son ouvrage
Son visage froissé
Elle la tranche d'un recueil
Dorée au miel de sapin
Entre les rides
Les pages en "vie à vie"
Joie et souffrance mises en apposition
Elle est regardante sur les mots
Le silence est parcheminé
Sur les raidillons de sa parole
Où germe son parfum d'altitude
Ce soir encore
Les absinthes de la Mauriennne
Lavées dans le torrent
Scintillent au bord de l'Arc
Avant de sécher
Dans la main de l'air
Lentement caressante
La tendresse bruie en amont
Au sein du toucher d'effluves
Sacre l'étreinte imprononçable

Trois francs six sous de bonheur
Solde pour un siècle à l'épreuve
Une vie
L'oeuvre centenaire

Marie-Christine

10 février, 2009 22:30  

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