katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

dimanche, décembre 17, 2006

Une fulgurante beauté, se déplacer, grâce au baiser je ne sais par qui déposé, cadeau anonyme offrant une perception hors du commun, dans un microcosme somptueux à la luminosité parfaite, avancer dans un film de Wong Kar Wai, dans un enchaînement de photos aux couleurs langoureuses.

Ceci ne dure jamais bien longtemps, alors il faut en profiter, s'en imprégner le plus possible, cela m'est arrivé, à Berne, mercredi dernier, vagabondant d'une rue à l'autre, l'impression d'un regard net, précis, sur la ville, sur la vie y fourmillant.

Le lendemain, je prenais mon élan en direction de Bruxelles, destination encore improbable il y a peu, rendue indispensable par un nouveau chapitre de mon existence, chapiteau de ce cirque magnifique et tortueux qui abrite un clown lyrique en représentation chaque jour recommencée, chaque heure retravaillée.

"Recherche d'un personnage et d'un roman" peuplée d'une multitudes de personnages et de romans, nombreux, très nombreux ces derniers jours, trop nombreux peut-être pour mon petit coeur qui avait besoin de souffler un peu, mais il s'en remettra, pour sûr, par écrit, comment d'autre?

"Les soldats de Salamine", ce livre m'avait cloué (sans prétentions christiques, ni de ma part ni de la sienne, qu'on se le tienne pour dit), dans mon siège lors du retour de ma précédente, et unique jusque-là, escapade belge, j'avais donc pris le soin d'emporter "A la vitesse de la lumière", dernière parution de Javier Cercas, pour m'accompagner en rentrant, tous les footballeurs sont superstitieux, paraît-il.

"[Un écrivain] c'est aussi un type qui se pose des problèmes on ne peut plus complexes et qui, au lieu de les résoudre ou d'essayer de les résoudre comme le ferait n'importe quel individu sensé, les rend plus complexes encore. C'est-à-dire que c'est un cinglé qui regarde la réalité et qui parfois la voit."

286 pages avec ceci comme ligne directrice, voilà qui donne forcément un de ces livres dont on ne sort pas indemne, dont des pages entières vous embrouillardent la tête durablement.

Ian Mc Ewan, dans le dernier numéro de Transfuge, dit que "tous ces gens sûrs d'eux-mêmes devant la complexité du monde" le dérangent, voilà qui résume de manière limpide et admirable mon amour de la littérature et mon aversion pour la politique.

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