katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

samedi, mai 26, 2007

Depuis quelques semaines, pour différentes raisons, j’ai parcouru des livres d’auteurs suisses (« La paix des ruches » d’Alice Rivaz, « L’homme que ma mère a aimé » d’Urs Widmer, « Le paysan du Danube » de Denis de Rougemont) qui m’ont tous enchanté.

Mercredi, j’avais un rendez-vous un peu particulier à Lausanne, avant de m’y rendre, je suis passé à la bibliothèque bien décidé à continuer mes flâneries en compagnie littéraire helvétique, j’ai donc emprunté « Pour toi la guerre est finie » de Pierre-Laurent Ellenberger.

A peine entré dans le train, une phrase de Günter Grass venait me faire un clin d’œil : « Errinern heisst auswählen » que je traduirai librement par « (Se) rappeler c’est choisir ».

Une volonté de sélectionner ses souvenirs qui allait, comme je m’en doutais, prendre pleinement son sens lors de mon entrevue à venir.

Je laisse libre cours à votre imagination galopante puisque là n’est pas mon propos.

« Je vais avec conviction vers une absence de but en prenant tous les détours pour arriver nulle part. »

Divagations dans le Lausanne des années 70, les pages d’Ellenberger oscillent entre humour et dépit par l’entremise d’une langue parfaite parsemée d’expressions « bien de chez nous » qui donnent au livre une saveur inimitable.

« Ceci jusqu’à me faire croire que le langage n’existe pas pour dire des choses à autrui mais pour que ceux qui en usent puissent exister ensemble, ne serait-ce que contre le silence et le doute. »

Stephan Eicher aime dire qu’il n’a pas de racines, mais beaucoup de terre sous les pieds, j’ai eu cette impression en lisant ce récit posthume dédié à un ami noctambule, sorte de fantôme promenant sa silhouette improbable dans la capitale vaudoise.

Une impression que j’aime nettement mieux que celle que je ressens en observant les discussions ridicules autour de notre fête nationale à venir, un (non-)événement qui réussit tout de même le remarquable exploit de mêler des propos détestables sur le « féminisme », les « nazillons », l’ « Histoire », le « socialisme » qui, pour l’occasion, se transforme en « nationalisme de gauche », …

La liste n’est pas exhaustive mais suffit largement pour donner mal à la tête.

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2 Comments:

Anonymous Alexandre said...

Il faudra que tu me fasse découvrir les auteurs suisses un peu, j'en connais très peu. Néanmoins la maman d'un ami de classe a écrit un livre. Mme Capelli.
J'ai refait un article sur "L'Angoisse du Roi Salomon", alors si tu en as envie viens faire un tour.
Bonne journée
À mardi
P.S. Ce soir j'étais juste à côté de Champagne à Viez ou Fiez, la jeunesse organisait une petit fête.

27 mai, 2007 03:31  
Anonymous Denise said...

Alice Rivaz "ce nom qui n'est pas le mien"...comme la maison sans chauffage ;-), souvenir... Mme Golay originaire de Rovray...j'avais envie de la lire, un livre d'elle attendait dans la biliothèque il attend toujours car c'est cet essai qui m'a tendu la main...en ce début de printemps...

J'ai bcp aimé...l'enfance, les propos sur la femme et l'écriture des femmes, un peu long sur certaines parties sur l'éciture (j'avais probablement pas les bonnes écoutilles ouvertes ce jour-là), un peu triste sur la vieillesse...moi je rêve (ah là là, ceux là, ils s'incrustent partout,), si j'arrive jusque là, d'être comme ces anciens qui racontent, le regard pétillant, ils font vibrer les souvenirs...quand vous voulez Messieurs, je vous écoute racontez-moi, et Mesdames je ne vous oublie pas, j'aime vous entendre parler du quotidien qui passe comme un rien qui dit tout...

03 juin, 2007 21:32  

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