katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mardi, octobre 28, 2008

Une figure dont on ne verrait que le dos



"Couleur du soir soudain comme des vitres (ou des élytres)
seulement ce soir-là en ce lieu-là





mirage silencieux





passage ouvert dans la transparente obscurité
vitrage limpide comme s'il y avait là une lamelle d'eau,
une mince couche d'eau pure
sur tout le paysage, les prairies, les haies, les rochers





comme si une figure dont on ne verrait que le dos
vous invitait gracieusement à entrer
dans la nuit la plus claire jamais rêvée."





Philippe Jaccottet, Ce peu de bruits

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2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Poésie et photos absolument magnifiques !


C ‘est une vraie joie de nous faire connaître les grands auteurs de ton pays. ; les textes deviennent certainement plus beaux et plus forts quand ils sont accompagnés et
enrichis de l’art visuel . .

J’avais lu quelques rimes de Jaccottet . en anglais , mais même un grand écrivain
comme Paul Auster n’arrive jamais à capturer toute la magnificence , le souffle,
le palpitations imperceptibles de l’âme du poète .

Merci , Karim !

La future traductrice de tes poémes .

28 octobre, 2008 18:58  
Anonymous battuta said...

Bonjour,
Ces photos - superbes - et ce poème me parlent beaucoup. Il est un homme, l'homme-clé, que je poursuis depuis des mois, et qui, comme dans les vers que vous reproduisez ici, m'invite à entrer dans un autre monde. Merci pour toute cette poésie!

13 novembre, 2008 21:24  

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