katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

lundi, décembre 08, 2008

les ombres du lac

Mon évaporation est minutée, les frémissements de plus en plus perceptibles, mes nuits, ici, sont comptées. Bientôt le couvercle sera enlevé. Mes jours n’en seront que mieux contés.


En attendant, valse d’adieux aux abords de la Sarine.


Dernier moment lecture à la Marionnette, le « chef » de la place démontrant avec classe et maîtrise qu’il est possible de « slamer » du Jacques Chessex en s’accompagnant au piano. Il souhaitait faire un petit clin d’œil au vaudois que mes inflexions signalent volontiers quand je n’y prête pas attention. Ou quand je m’enflamme.


Attends seulement que j’te chope par le cotson pour te mettre une schlagée derrière les cornes !


Malgré, ou peut-être précisément par le fait de mon attachement à la poésie, j’espère qu’on entendra toujours dans ma voix, celle de papier et celle de casse-pieds, la traînée campagnarde façonnée entre confections de cabanes et écumées des terrains de foot.


Habiter une écriture « originelle », pour reprendre les mots de Chamson. Impliquée dans un lieu, puisant ses sources dans un paysage.


S’en éloigner, de la place de jeu de mon enfance, pour la sentir vibrer d’autant plus fort dans le refrain que l’absence me tricotera dans le ventre.


Mon exil fribourgeois de ces deux dernières années m’a permis une première mise entre parenthèses, vivant aux côtés de Béatrice une de ces expériences qui marquent une vie.


L’éloignement était tout relatif, mais l’appel du lac, ah mon lac de Neuchâtel !, se faisait souvent sentir.


Hier encore, retrouvant mon petit frère à la gare, je lui ai dit qu’il m’avait hélé depuis le train. Alors nous sommes descendus tranquillement compléter le trio fraternel.


Je devrai bientôt couper le cordon ombilical avec les ombres du lac.

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1 Comments:

Blogger Ondine said...

J'aime que ces ombres du lac se reflètent dans une écriture, qu'elle soit multiple, qu'elle respire aussi bien les élancements du rêve que les rappels du quotidien.

Et merci pour Elli... contente de le retrouver là ce matin, comme ça, par hasard... et ce, même s'il est dans mon iPod.

08 décembre, 2008 16:01  

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