katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

jeudi, décembre 11, 2008

mes ailes s'étirent

« Quand je regarde tomber la neige, je ne peux pas faire autrement que de me dire que chacun de ces flocons a une histoire à lui. »

En regardant par la fenêtre, j’ai un petit sourire et une pensée émue pour Alex à qui je viens d’envoyer un message. Difficile effectivement de ne pas avoir envie de relire cette poésie qu’il nous a fait le plaisir de lire à la Marionnette, samedi dernier.

Hier matin, c’était ma grand-maman qui me disait qu’elle pourrait passer des journées à regarder la neige tomber, apaisée. « Enfin je ne sais pas comment dire, c’est toi le spécialiste des mots. »

Le soir venu, aux abords de la gare, c’est un type un peu éméché qui est venu me dire qu’il aimait ce blanc « immaculé », tellement plus beau que « toute cette merde grise bétonnée ».

Tout à l’heure, Marlène, la maman de Raoul, viendra me trouver, admirer Fribourg qui se trémousse dans le blanc. Elle n’a pas vu la ville depuis plus de trente ans. La cité des Zähringen est toujours magnifique, mais le paysage est bien plus occupé qu’à l’époque. Nous résisterons à notre manière, envoyant quelques boules de neige sur des types trop sérieux.

Ma tournée d’adieux continue. Mes ailes s’étirent de plus en plus précisément.

Du coup, j’espère que ne vous m’en tiendrez pas rigueur, je ne suis pas souvent devant mon ordinateur, ni pour lire, ni pour écrire.

Savoir que vous venez de temps en temps vous laisser envelopper par ces musiques que j’aime suffit à me combler.


"Dernière chance pour toute victime sans nom:



qu'il y ait, non pas au-delà des collines



ou des nuages, non pas au-dessus du ciel



ni derrière les beaux yeux clairs, ni caché



dans les seins nus, mais on ne sait comment



mêlé au monde que nous traversons,



qu'il y ait, imprégnant ses moindres parcelles,



de cela que la voix ne peut nommer, de cela



que rien ne mesure, afin qu'encore



il soit possible d'aimer la lumière



ou seulement de la comprendre,



ou simplement, encore, de la voir



elle, comme la terre la recueille,



et non pas rien que sa trace de cendre."





Philippe Jaccottet, Dis encore cela...

Libellés :

1 Comments:

Blogger Alexandre said...

Je te l'avais dis, l'oeil, lorsque la neige tombe, se plie à la contemplation de l'histoire de chaque cristal de glace. C'est inévitable. Si ces flocons tombent c'est pour raconter quelque chose. Ils s'écrasent, comme un récit ils ont une chute.

Ce matin aussi, je me suis réveillé, j'ai ouvert les volets et 10 cm de neige recouvrait le paradis marinois!

Prends tes ailes et vole entre les flocons. Dans cet espace gris-blanc, où le souvenir des bonshommes de neige est très fort!

Profite de Fribourg sous la neige! Et bon Weekend!

11 décembre, 2008 11:09  

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home