katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mardi, novembre 03, 2009

rue aux quatre ruelles





Un bref coup d'œil à la carte, histoire de voir où dérouler mes pas de course dans les parages, puis je m'élançais pour m'appliquer de pleine lampée de la bruine qui saupoudrait Montreuil; direction le parc de Beaumonts.

Peu avant la première entrée, un nom de rue m'interpellait: Rue des quatre ruelles.

Tiens, tiens.

L'espace naturel où je trottinais culmine à 110 mètres d'altitude, sur ses "hauteurs", on aperçoit quelques uns des symboles parisiens, mais c'est un drapeau français, flottant au sommet d'un bâtiment tout proche, qui a retenu mon attention. L'identité nationale, il est beaucoup question de ceci, ces temps, par ici. L'identité nationale.

Tiens, tiens.

De nombreuses personnes ont découvert ces dernières heures qu'une femme, à la beauté rayonnante, nous parle de nous, de ce qui nous entoure, de ce qui nous étouffe, de la grande esbroufe moderne, ceci en maniant la langue française, "sa" langue, avec une exquise maîtrise; Marie N'Diaye s'appelle cette dame à la prose puissante.

Son frère, Pap, est Maître de conférence à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, il a publié un ouvrage intitulé "La condition noire, essai sur une minorité française".

Tiens, tiens.

J'ai lu dans "Libérations", il y a peu, un article sur un parachutiste français d'origine sénégalaise, comme les N'diaye, qui était sur le point de perdre sa nationalité parce que le dossier de son père a été étudié plus attentivement, certains éléments y semblent erronnés. Le jeune homme est revenu d'Afghanistan pour comparaître devant la justice.

Comparaître, ouais, ils sont plusieurs à "cons paraître", dans cette histoire aux détestables relents.

L'identité nationale.

Dans le parc, il y a une plaque en hommage à 27 hommes fusillés par des allemands, en 41, des représailles pour sanctionner la mort d'un officier; dans le groupe, un montreuillois de 19 ans, sans doute une "racaille" pour quelques responsables français de l'époque.

Aujourd'hui, des travailleurs sans papier bossent dans des conditions lamentables, sans couverture sociale, pour refaire les quais de métro, la nuit; pendant ce temps, de fiers représentants de la fameuse identité en suspens défilent devant la barre, pour y "cons paraître", également, messieurs Pasqua, Chirac et autres anciens hauts dignitaires de l'état sont chatouillés par la justice, dépouillés de leur imunité, les pauvres.

"Hauts dignitaires", on pourrait peut-être réfléchir sur la dignité nationale, en passant.

Dans le parc, il y a une peinture en mémoire à Jean Moulin.

"Le savoir est une arme" est inscrit dessus.

Tiens, tiens.

Dans le parc, il y a des musaraignes et plein d'oiseaux, je ne les ai pas vus, il y a des places de jeu pour quand il fait beau, aussi; affiché à l'entrée de l'une d'elle, ceci : "Pour les enfants de 2 à 10 ans".

C'est un peu ça, l'identité nationale, écrire "pour les enfants de 2 à 10 ans" devant une place de jeu.

Tiens, tiens.

Tintin?!?

Non, Tintin, au moins, c'est de 7 à 77 ans.

Finalement, j'aime bien l'idée d'une "Rue aux quatre ruelles".

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3 Comments:

Blogger manel said...

Avoir le choix...d'être qui l'ont veut être, de le vivre sans préoccupation de "se que l'on pensera", de le vivre pleinement sans frustrations, de le partager sans honte ni jugements
J’aimerai tellement que l'identité nationale soit représentée par l'addition de tous ces êtres forts de leur exception en ce monde...

05 novembre, 2009 00:37  
Anonymous Anonyme said...

rien à voir :

http://www.youtube.com/watch?v=AqFY01TTdwI

bisous

05 novembre, 2009 19:14  
Anonymous Anonyme said...

Ah, l'identité nationale, je pense qu'elle souffre depuis bien longtemps dans l'hexagone...
Près de nous, je pense déjà aux deux dernières guerres dites mondiales, pendant lesquelles nombre de tirailleurs sénégalais, Harkis et autres braves gens venus des diverses colonies et morts au champ d'horeurs pour ce qu'ils considéraient comme "leur Patrie", nombre d'entre eux doivent se retourner aujourd'hui dans leurs tombes en voyant ce qui se passe...

On peut également remonter plus loin, en pensant aux célèbres colonies, assimilées en versant le sang des autochtones au nom de la patrie et de l'église!

Ce n'est pas sans intérêt que j'ai découvert il y a quelques temps, l'histoire d'Arthur Rimbaud, le poète maudit. Une histoire romancée, sans doute, mais proche de la réalité selon toute vraisemblance. Suite à de graves problèmes de santé liés sans doute à son passé sulfureux, il s'est installé avec toute sa famille dans une de ces célèbres colonie.

Omniprésent, la haine raciale pour tous ces "Sauvages" incultes et polidéistes, prêts à donner leur vie pour leurs convictions et tombés en nombre bien évidemment...
Finalement, tout se termine plus ou moins mal pour tout le monde, mais ce sont quand même les descendants de ces gens là qui donneront leur vie pour le pays qui les a assimilé à coup de fouet.

L'identité nationale est aujourd'hui portée à bout de bras, si je peux dire, par un petit Napoléon, venu de l'est, lui, mais qui tente d'imposer sa volonté, sans les armes peut-être, non sulement à l'hexagone, mais à toute l'Europe, les temps et les méthodes changent peut-être, le fond, pas vraiment, preuve en est ce malheureux qui doit revenir d'un pays dans lequel il risque sa vie "au nom de la France", mais qu'importe, il n'a pas la "chance" d'être né avec la bonne couleur de peau...

Je ne parlerai alors pas seulement de "cons paraître" mais aussi de "cons science", si je peux me permettre, car c'est aussi de celà dont il s'agit, non?

Et pour clore, je dirai que l'inconscience me perturbe tout autant...

08 novembre, 2009 12:14  

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