katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

jeudi, novembre 11, 2010

au pedigree de son humeur






« C'est justement ce qu'il y a de plus inquiétant de constater que des gens plutôt intelligents ne voient plus ces choses-là. Quelles choses? Mais ces misères de la représentation! On y viendra à la plume au cul sans dérision, la plume au cul qui ne se voudra qu'esthétique. »



Jackie Berroyer, dans sa chronique qui clôt Vibrations du mois de novembre. Il n'est pas question de prix littéraires, non, mais cela pourrait. Oui, cela pourrait.



C'est la musaraigne, arrivée il y a peu, qui a eu l'excellente idée de m'apporter ce magazine. Elle sait que je l'aime beaucoup. Cette phrase peut être lue en changeant les référents, ce qui n'est pas dans le désert du temps. Tant mieux.



Dans ses bagages, il y avait d'ailleurs plusieurs numéros du « Temps », quelques articles épars, aussi.



Le 16 octobre, il y avait une pleine page écrite par Kossi Efoui. Son « Solo pour un revenant », écrit sous l'égide d'une phrase de Michaux qui avait déjà beaucoup secoué Gary, est magnifique.



« Ce qui se traduit mystérieusement de l'écriture à la lecture, et qui dissout les déterminations culturelles et géopolitiques, il m'est arrivé de l'appeler un jour: le toucher du monde.



Le toucher du monde; non pas la mise en touche du monde.



Le toucher du monde, alors forcément ça s'empaupière en direction de Nicolas Bouvier:



«Finalement, ce qui constitue l’ossature de l’existence, ce n’est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d’autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l’amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible cœur.»



Les murs défraîchis, on dirait des nuages, m'a dit la musaraigne; c'est vrai, notre imagination s'y projette au pedigree de son humeur.



Il y a aussi des maisons qui semblent être un assemblage de draps ou de cartons colorés; difficile de dire comment elles tiennent (à peu près) debout.



Lisbonne, en fait, est un kaléidoscope. Un peu de lumière et la voilà démultipliée.



« J'ai toujours eu l'impression qu'en certains endroits du monde se croisent les lignes de force d'histoires anciennes qui n'ont pas fini de vivre et d'histoires nouvelles qui n'ont pas fini de naître, où l'histoire, la légende, la mythologie et le fait divers sont au même carrefour, l'un brouillant ou éclairant les pistes de l'autre. »



Kossi Efoui au corps, encore.



Accords.



En parlant de désaccords, le fils de la voisine de Max joue du violoncelle. C'est un instrument un peu ingrat, je crois. L'apprentissage en est en tout cas laborieux, parfois pour les oreilles douloureux.



Anne trimballe aussi ses affaires de cours, migrations et citoyenneté au programme.



Hier, à l'heure de l'apéro, elle m'a dit en rigolant:



« En fait, toi, t'es un migrant irrégulier. Ça veut un peu dire que tu n'existes pas? »



Non, ça veut dire que j'existe trop.

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2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Oui,je confirme, tu es un migrant qui existe trop,et tu as bien raison! On te vois pas souvent mais c'est à chaque fois un réel bonheur quand nos chemins se croisent. Et j'envie les gens qui ont la chance de partager ton sourire jour aprés jours,dans les rues de Lisboa!
Taratata qui t'aime de tout son coeur..

12 novembre, 2010 22:19  
Anonymous Anonyme said...

Nesse momento eu considerote tan egoistamente meu...

tu es beau à tomber par terre ou dans les étoiles

plein de bisous tout doux

13 novembre, 2010 13:36  

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