katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mardi, mai 31, 2011

d'un crépuscule à l'autre






En trois mois à Fribourg, la pluie n'a pas beaucoup daigné nous honorer de sa rafraîchissante présence. Mais aujourd'hui, pour mes dernières heures par ici, les gouttes n'ont pas arrêté de se déchaîner.

Je pensais normalement partir hier. J'avais dans un premier temps prévu de préparer mes affaires jeudi passé; échec cuisant. Je m'étais alors dit que le ferai le lundi suivant, soit avant-hier ; nouveau raté magistral.

Qu'est-ce que vous voulez, rien que pour aller chez Luca, un trajet qui prendrait quinze petites minutes à un unijambiste myope marchant à reculons, il me faut plus du triple aux heures où je suis susceptible de croiser des visages connus. Mon incapacité à abréger mes échanges imprévus est tout simplement phénoménale, c'est pour ça que je suis passé maître dans l'art d'évoluer sur des chemins de traverse.

Mais il m'arrive d'oublier mes problèmes digressifs. C'est souvent ainsi quand ma tête n'est pas complètement avec moi, comme c'est le cas depuis une dizaine de jours ; elle est déjà en train de s'écrire sur du sable méditerranéen. Grand bien lui fasse.

C'est pour ça que toute cette eau venue du ciel, aujourd'hui, était fort bienvenue ; elle m'a cantonné à la maison. J'ai ainsi pu terminer "Paris-Athènes" de Vassilis Alexakis, dont la plume, chargée d'un humour nonchalant et d'une voix hésitante, m'a à nouveau séduit. Ma retraite casanière m'a également préservé de me heurter à quelques : « Mais t'es encore là ?!? »

Non non, pignouf, c'est toi qui t'es même pas rendu compte que t'es ailleurs.

Demain soir, je fais dodo chez Dodo, à Arles. Jeudi, je serai à Marseille, pour quelques jours de transition câline avec la musaraigne. Ensuite, ma silhouette s'ombrera sur le bateau qui voudra bien de moi ; direction la Tunisie.

Six ans que je n'y suis pas allé ; je n'ai donc jamais usé mes semelles sur les terres de mon père depuis que je déblogue à tout va. J'ai un peu l'impression que c'est la première fois que j'y vais vraiment. Je vais évoluer comme bon me semblera, au rythme dicté par mes regards et par l'écho des blablas, qui à n'en pas douter ne manqueront pas.

Contrairement à ces dernières semaines, l'écriture aura une place centrale, d'un crépuscule à l'autre ; probablement aussi juste avant et juste après. Je posterai un peu ici, mais sans doute davantage ; ça dépendra. Je ne sais pas trop de quoi. J'espère que vous aurez la curiosité de gratter cette inconnue avec moi.

Ceci dit, je vais principalement (me) fouiller sur le papier, j'ai envie que les mots s'imprègnent d'une certaine corporalité, qu'ils puissent mieux respirer et s'incarner. Je vais, pour ce faire, essayer de ne pas trop lire. Ce n'est pas gagné.

Beaucoup de personnes et de fantômes à concilier et réconcilier, il va s'agir de m'y atteler dans mes cahiers.

Il a du pain sur la planche, le toyet.

Et toujours un couteau suisse en poche ; parce qu'on ne sait jamais.

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1 Comments:

Blogger Laurent said...

Alors toi, maintenant, quand tu changes de continent, tu te déplaces aussi sur la toile...Original...comme toujours.

Le jour ou tu feras comme tout le monde, je crierais très fort puis j'irais dormir. Le monde aura perdu un poète et ça c'est grave...

Bonne route

Laurent

07 juin, 2011 11:16  

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