katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

samedi, mai 14, 2011

faire le point






Différents points,



en nous,



entre nous.



Rejoindre ceux d'interrogations et d'exclamations



Se reposer à l'ombre d'autres, qui trônent au sommet d'une virgule ; c'est que, bien que rythmant fort bien mes partitions, ils sont en voie de disparition.



Sans doute ma barbe qui est restée coincée dans les rayons d'une vieille bicyclette défiant la mode et le temps ; surtout la mode. Je sais je sais, je sifflote et radote toujours la même popote.



Une explication très simple, à chercher dans une expression qui fleure bon ma grand-maman: cela me ravigote.


J'aime que des lieux où je me sens bien deviennent des refrains.



Différents points,



en nous,



entre nous.



Parfois on entend ceci : un point c'est tout. Souvent servi à des enfants, se dérobant ainsi à tout développement de circonstance.



Un point c'est tout. Et puis ça recommence.



Le point, dans une phrase, ne brise pas l'élan du texte, il l'alimente.



Je donne un peu d'air aux mots quand je n'arrive plus à les faire respirer. Je leur propose de s'étirer. Ce truc que mon corps a tant de peine à faire après le déchaînement de mes foulées. Du coup, me voici précoce pépé. Eh bé !



J'ai chopé le coup, la lecture et l'écriture comme bâton, dentier et rasade d'eau-de-vie.



Ne pas laisser sa flamme s'enfagoter dans l'existence. S'en remettre à l'intensité d'une existence, pas à sa durée, disait Brel, l'homme qui avait mis des bretelles à ses rêves. Il voulait être certain qu'ils restent accrochés à ses pantalons d'enfants.



Lui, pris entre les deux, s'égosillait en faisant de la balançoire.



J'aime que des lieux où je me sens bien deviennent des refrains.



Toujours l'espace et le temps, ils montent et descendent sur ce petit toboggan, juste là, à la jonction de mon pouce et de mon index. L'éternité et l'univers dans cette aire de peau où le stylo s'appuie quand l'encre me cherche.


Différents points,



en nous,



entre nous.


La vieille bâtisse où vivent la musaraigne et ses deux colocataires, accessoirement moi aussi, est celle de l'ancien médecin des Bolzes (les habitants « historiques » de la basse-ville de Fribourg). Ses enfants, six au total, ne vivant plus ici depuis longtemps, ils ont décidé de louer une partie de leur maison. Au rez, il y a l'ancienne salle d'attente. Un piano aussi. Parfois, quand on arrive, on a la chance d'entendre Schatzeli jouer. Tout en haut aussi, il y a un clavier ; il y dialogue avec Scriabine, Schubert ou Gonzales, entre autres merveilles.



Différents plafonds où des araignées se royaument, dans cet univers désuet. Mes rêveries s'y entremêlent souvent. Alors je me demande quel bruit cela ferait, ce curieux mélange en train de faire des étincelles.



Ce que je sais, cela aurait l'odeur d'un gâteau aux pommes et à la rhubarbe.



Comment je le sais ?



Ah ben ça.



Dans la cour intérieur, un merisier embaumait l'air avant de se dévêtir de ses fleurs; la sensation d'avoir des cerises sauvages qui nous chatouillaient le nez. Un excellent remède contre les excès de l'actualité, contre ses abcès aussi.


J'aime que des lieux où je me sens bien deviennent des refrains.



Monsieur Braaker a officié comme médecin pendant de nombreuses années, la plupart des personnes du coin à qui l'on apprend que l'on habite chez eux nous dressent de bien beaux éloges. Il arrive que leur téléphone sonne dans le vide, puisqu'ils sont souvent absents, encore plus depuis que monsieur a eu quelques ennuis de santé. La sonnerie retentit, un peu à tout heure. Quelqu'un les cherche, en vain. J'ai une infinie tendresse pour ces appels sans réponse. J'y entends, bolet que je suis, une précieuse forme de poésie.



Je vous quitte sur cette note, recopiée alors que je cheminais ; des fois qu'elle vous donne des idées.



« Les graines de l'aulne glutineux possèdent des écailles bordées d'un tissu rempli d'air, leur permettant de s'envoler et de flotter. »









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1 Comments:

Blogger Laurent said...

C'est bô...

L'intensité plutôt que la durée. Mon planning à l'air de courir dans ce sens là. Est-ce suffisant pour parler d'intensité ? diantre non. alors on peut se pencher sur la différence entre intensité et vacuité ? au boulot mister K.

26 mai, 2011 12:17  

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