katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

dimanche, juin 14, 2015

L'habitant

             (à mon père)


Si tu es parti, je ne sais pas.
Parce que tu te trouves ici,
comme tu l'as toujours été.

Cette tienne,
tant nôtre, présence
remplit d'ombre la maison
comme si tu créais,
à l'intérieur de nous,
une autre maison.

Dans le silence distrait
d'une véranda
qui fût ton unique château,
s'entend encore l'écho de tes pas
faits non pas pour cheminer
mais pour caresser le sol.

Sur cette véranda tu t'assieds
avec cette manière si délicate de mourir
comme si tu nous enseignais 
une autre manière de vivre.

Si le pas est aussi céleste
le voyage ne compte pas
si ce n'est par le poème qui nous habille.

Les lieux que tu as cherchés
n'ont pas de géographie.

Ce sont des voix, ce sont des sources,
des fleuves sans désir de mer,
du temps qui échappe à l'éternité.

Tu habites à l'intérieur,
sans dieu ni adieu.





Un poème de Mia Couto, extrait du recueil "vagas e lumes", paru à l'automne 2014 aux éditions Caminho.

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Traduit par ?...

B.

16 juin, 2015 15:16  
Blogger katch said...

;-)

Par bibi.

;-)

16 juin, 2015 15:47  

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