katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

samedi, janvier 27, 2007

Mon dernier passage à la mascafnac

Je ne suis pas, loin s’en faut, un grand ami de la Fnac et de ses dérivés, ces entités commerciales fortes et imposantes que je qualifierai, accusons ici mon côté passéiste désuet, d’impérialistes.

La mainmise de ces colons s’étend aujourd’hui jusque dans un domaine qui m’est cher, celui de la sphère que je qualifierais pompeusement (il y a des jours comme ça, des moments où on tente de s’envoyer à des années lumières par l’entremise grisante de la langue, comprenne le pourquoi du comment qui pourra) de socioculturelle.

Le week-end dernier, pressé en ce sens par ma sœur qui pensait que le brave Joseph d’Anvers, que j’adore, allait être à l’origine d’une émeute dans la salle répondant au doux nom de « Docks » (« Grotte » aurait été plus judicieux au vu difficultés rencontrées par toute personne cherchant à s’y rendre), je passais donc une commande de quatre billets par internet, un sésame qu’il me fallait ensuite allé chercher à, vous excuserez ce glissement ordurier, la Fnuck à Fribourg.

Il est précisé sur la confirmation de commande, qui m’est adressée nominativement, que je suis prié de me rendre à la caisse muni de la carte de crédit ayant permis la réservation, ainsi que d’une pièce d’identité.

Mes semaines s’orchestrant entre Fribourg, Neuchâtel et Yverdon, je n’étais pas armé de ma Visa lorsque je suis allé chercher les billets, je pensais naïvement que, pour un total de 60.-, mon sourire désolé et ma carte d’identité me permettraient sans problème de repartir billets en poche.

Eh bien non, malgré une vingtaine de minutes d’argumentation où j’essayais tant bien que mal de garder mon calme, suivi de la proposition de signer une décharge, voire de payer le double du prix et de venir récupérer l’excédant le lendemain du concert, la gérante ne réussissait qu’à cuisiner le mot « protocole » à toutes les sauces, quoique plutôt aigres que douces. Je suis reparti bredouille.

Le pire, c’est que la dame en question était vraiment désolée, pas désagréable le moins du monde, au contraire, il fallait que je comprenne, c’est juste qu’elle ne pouvait pas se permettre cela, c’était impossible, cela outrepassait grandement ses droits.

Quand j’ai raconté cela à Béatrice, son mari m’a rappelé une histoire du même genre, enfin non, encore bien « pire », que Béatrice avait vécu à la gare.

Elle arrive pour prendre un train, elle croise un cheminot pour lui demander s’il peut l’aider puisqu’elle est en chaise roulante. Il lui répond, tout désolé, que c’est vraiment impossible, que si elle veut bien patienter vingt minutes et prendre le train suivant, il n’y aura pas de problème, il viendra volontiers, mais maintenant il ne peut vraiment pas.

Pourquoi ? Parce qu’il est en « pause café ».

On peut en rire ou on peut en pleurer, personnellement cela me rappelle tellement de discussions stériles autour des libertés qu’il est possible de prendre par rapport à un cahier des charges, que cela me fait sauter au plafond.

Cette incapacité à écarter une règle, une loi, de sa forme officielle, pour en faire un élément dynamique permettant la cohabitation dans un immense lieu de vie qui s’appelle la terre, et pas une sorte de rideau tiré sur notre marge humaine, cette difficulté ressentie devant ses intuitions, semblent souvent tellement inscrites en nous, que cela devient inquiétant.

Quand ce n’est plus seulement l’administration qui justifie l’administration, mais l’administration qui remplace le cerveau et le cœur, où quand des pseudos responsabilités parviennent à ronger durablement un estomac, l’affaire homme semble vraiment bien mal en point.

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2 Comments:

Blogger Cicic said...

Ca me fait un peu penser à l'expérience de Milgram ( que je salue au passage...).

C'est quand qu'on va boire un thé et en parler ?

27 janvier, 2007 11:16  
Blogger katch said...

Mais tout bientôt j'espère mon lapin!

Je t'envoie un p'tit mail dès que je bouge du côté d'Yverdon pour une morce!

A ploutch!

28 janvier, 2007 09:21  

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