katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mardi, janvier 09, 2007

Important, pas intéressant.

Ce week-end, plusieurs clins d’œil sont venus se nouer autour d’un film sublime.

Depuis longtemps, deux films erraient dans ma tête en attendant que je les regarde, un dont je savais tout juste qu’il se passait sur une plateforme pétrolière, un répondant au doux titre de « The secret life of words ».

Grâce à un distributeur de DVD, je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un seul et même film, je me suis donc empressé de le louer.

J’ai été accueilli par la voix bouleversante d’ Anthony and the Johnsons, ce timbre qui s’insinue en vous comme un appel en direction d’anges incertains.

Hope there’s someone.

Il y a quelqu’un dans ce film. Il y a même plusieurs personnages, deux surtout, qui sont bouleversants de justesse et de retenue.

Le film terminé, de nombreuses larmes versées, je parvenais à voir que le film était dédié à John Berger.

S’agissait-il de l’écrivain anglais dont un des hommes de ma vie, sur les précieux conseils d’une des femmes de ma vie, m’avait offert le magnifique « D’ici là » l’année dernière ?

La réponse est affirmative, je l’ai eue grâce à « My life without me », un autre film de la même réalisatrice, une jeune espagnole répondant au doux nom d’Isabel Coixet et dont les films sont produits par Almodovar.

Dans ce second film, un passage d’un des livres de John Berger est lu, un extrait terrible que ne supporte pas l’actrice principale, une jeune mère de famille qui sait qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre mais qui a décidé de n’en parler à personne.

En pensant à ces deux films, je me rappelais une partie des propos élogieux que Susan Sontag tenait sur le quatrième de couverture de « D’ici là », elle mettait en avant le fait que cet écrivain parle de choses importantes, pas de choses intéressantes.

Je suis allé chercher le livre en question pour me remémorer le reste.

« Jamais, depuis Lawrence, un écrivain n’a su allier une telle attention au monde sensuel et une telle écoute des impératifs de la conscience. »

Voilà une formule qui illustre merveilleusement bien ce qui scintille dans ces deux films.

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1 Comments:

Anonymous Benoit said...

Merci d'avoir attiré mon attention sur ce film magnifique, tout juste visionné.
En plus, c'était en plein le film dont j'avais besoin ce soir.
Un soir de fontaine.

13 janvier, 2007 05:32  

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