katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mercredi, mars 25, 2009

l'écorce des mots







"Les barques crient sur les eaux.

Je respire à fond de cales.

Je traverse l'amour, respirant.

Comme si la pensée se brisait sur les étoiles

rudes. J'appuie le visage à la douceur des barques.

Barques massives qui gémissent

sous les élancements de l'eau.

Je m'appuie à l'âpreté commune.

A la souffrance, à l'idée commune des barques.

J'appuie le visage pour la traversée de l'amour.

Je fais tout comme celui qui désirerait chanter,

logé dans les mots.

Respirant l'écorce des mots.

Leur sillage heurté.

Le visage en l'air dans les gouttes, les étoiles.

Logé dans le grincement plaintif des rames,

des gouvernails des mots."


Herberto Helder, Le poème continu

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1 Comments:

Anonymous Constance said...

Je découvre, j'aime, je reviendrai ...

25 mars, 2009 17:26  

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