katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mardi, mars 24, 2009

L'encre est ma demeure



Hier matin, bonheur intense sur la terrasse du café qui se trouve dans la parc tout proche.


J’ouvrais les deux paquets reçus, un d’Allemagne, « Das Buch von Blanche und Marie » de Per Olov Enquist à l’intérieur, mais aussi plein de sourires ; et un de Paris, avec beaucoup d’amour et un livre, « La colline des Anges », dédicacé par monsieur Depardon himself.


Sourires. Plénitude. Confirmation.


A nouveau le soir, en arrivant, c’était alors Vivette, alias la flèche, qui me saluait par boîte aux lettres interposée.


Me faire un thé, sortir les feuillets de l’enveloppe, me laisser imprégner.


Pendant l’après-midi de cette journée qui, comme souvent depuis que j’ai déraillé, a été composée d’heures mille fois plus enrichissante que celles qui s’empilaient (s’empaillaient ?) pendant tous mes semestres universitaires, je suis allé faire une nouvelle parade amoureuse à la bibliothèque de l’IFP.


A la clef, je tiens à ce « f » désuet, une découverte qui s’est instantanément infusée dans ma colonne vertébrale : Georges Castera.


C’est le titre de son anthologie, préfacée par Lyonel Trouillot, qui me l’a mis entre les mains : « L’encre est ma demeure ».


Dussiez vous n’avoir qu’un livre de poésie, dans votre bibliothèque, hormis ceux qu’il vous reste des cours lénifiants dispensés « en temps et en heure », prenez vos dispositions pour que ce soit celui-ci.


Demoiselle Besson, si vous me lisez, trouvez-lui je vous prie une place dans le petit coin adéquat de ma librairie chérie, je vous enverrai une lettre avec un petit cœur à déposer dessus.


Je répète : Georges (le prénom de mon grand-papa, yatata) Castera (Katchera, yatatatata), « L’encre est ma demeure ».


Merci.



« [..]


Je t’écris pour t’apprendre

que j’ai longtemps parlé avec les poings serrés

pour ne pas crier avec

l’horizon qui fait naufrage. »


La lettre sous la langue


« […]


J’ai remis vois-tu

Mon vêtement de marginalité

Je vais encore dans le sens des miroirs

Le temps que j’habite n’a pas de portes. »


La lettre du sixième sens


« […]


le poème devient un instrument

de percussion du quotidien

un instrument de répercussion

des jours sans festin ni destin

la pièce à conviction

des procès à venir »


Litige




Je vous les copie, et j’en frissonne à nouveau.


Bien que flirtant depuis longtemps avec la poésie, je n’avais pas encore trouvé la plume « identitaire ».


Des parents, des frères et sœurs, des amis, mais pas mon Gary versifié.


Eh bien voilà.


« vous qui dormez avec la nuit

dans votre poche

le soleil est devant vous

peine capitale

vous ne saurez pas la violence

de ses yeux dans ma vie


j’ai gardé dans ma folie

dissidence d’oiseaux

pour les jours qui ouvrent aux jours

la seule issue poussiéreuse du temps


l’horizon a piétiné nos bornes délirantes


il y a des jours de désespoir

où la mer remue ses cendres

dans le cœur des papillons


il y a des jours de rage

où il te faudra revenir au poème

ta seule part d’absolu. »


Vous qui dormez…


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1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

"L'encre est ma demeure"

Mais cette demeure n'existe qu'au sein des vagues qui me propulsent à l'infini du néant en instance...

Mais cette demeure ne sera jamais que cette larme bleue qui m'a initialement obligée en existence au choeur des verts pâturages où la douceur de mon âme moutonne...

Marie-Christine TOUCHEMOULIN

26 mars, 2009 21:31  

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