katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

vendredi, novembre 19, 2010

cet effacement qui ne se cache pas











Avez-vous déjà offert votre plus beau sourire, aujourd'hui?!?



Les murs lisboètes ne sont jamais à court de propositions et d'invitations, des inscriptions qui ont un mérite de taille, elles ne vous demandent pas de faire passer le message en question à au moins « dix véritables amis », vous promettant alors un changement incroyable dans votre vie lors des semaines à venir.



Votre existence ne serait qu'à un clique du bonheur.



C'est drôle, j'aurais plutôt dit à une claque.



Il s'agirait ensuite de ne pas tendre l'autre joue, mais de les prendre, ses cliques et ses claques.



Avez-vous déjà offert votre plus beau sourire, aujourd'hui?!?



Aujourd'hui et demain, sommet de l'OTAN à Lisbonne; la zone d'Oriente, qui accueille la bande d'encravatés, est déjà en état d'alerte maximale depuis quelques jours. C'est que c'est le triste sort de l'Afghanistan qui se joue, alors il s'agit de se méfier des vilains barbus sans costard.



Même la Russie qui vient proposer ses chars et son lard pour combattre les barbares.



Je crois que je m'en vais faire mon footing par là-bas, juste par curiosité. Vous serez les premiers tenus au courant, cela s'intitulera:



Les aventures d'un mec marrant courant sans Coran au milieu d'une bande de glands à cran.



L'assonance, an an an, c'est pour mieux visualiser la bande d'otaries qui parlent du monde comme d'un poisson à gober de suite.



An an an.



Vous les voyez battre des nageoires?!?



Un mec marrant. Ceci me rappelle un des plus grands moments de solitude de ma vie. C'était au Montreux Jazz Festival, au concert de Common. Sarah (les prénoms ne sont pas fictifs, mais leur orthographe sans doute erronée...) me parlait pendant que Mariam, une fille resplendissante à qui je n'avais jamais adressé la parole mais qui m'avait déjà causé quelques émois, me snobait. Je répondais à sa copine par quelques blagues et histoires sans chute dont j'ai hélas le secret.



Après une quinzaine de minutes, pendant lesquelles la splendeur n'avait pas daigné me présenter autre chose que sa nuque à contempler, elle se retourne, me regarde en haussant les sourcils:



« Toi, en tout cas, on peut dire que t'es un mec marrant. »



Pan! dans les dents.



An an an.



Ce déblogage n'est pas un cours de rattrapage sur les figures de style, mais s'il peut aider des élèves à visualiser et entendre les assonances, voire plus si affinités, j'en serais enchanté. Que les enseignants qui passent par ici ne se privent pas de cette possibilité, c'est cadeau. Pas de droit d'auteur, ni de gauche de Messi; juste un amorti de la poitrine de votre serviteur. Cadeau. Je fais don de mon corps à corps avec les mots à l'enfance. Que la jeunesse se défonce à l'ivresse du verbe. Ca-deau.



Non mais il est pas bien lui.



Avez-vous déjà offert votre plus beau sourire, aujourd'hui?!?



Perso, je les réserve aux boîtes aux lettres qui, ici, ont survécu à la grande peste, aux tremblements de terre, même aux deux défaites contre la Grèce lors de l'Euro 2004. Leurs visages engageants se marient à merveille avec ceux qui dépassent des fenêtres, un peu partout, le plus souvent ils sont édentés, parfois depuis longtemps pas suffisamment éventés.



Ces tronches, parce que c'est vraiment de ça qu'il s'agit, de trognes avec non pas une, mais un demi-millions d'histoires, elles font écho au livre magnifique sur Paul Stutzmann, artisan verrier de Fribourg, que Luca m'a envoyé; elles ont, sans même le savoir, un côté art brut et art de rue, s'offrant à tout un chacun, conscientes de n'être bientôt plus, puisant leur force dans cet effacement qui ne se cache pas.



Il y les galeries, il y a les écrans, il y a les lounges à profusion. Il y a la publicité qui pullulent. Il y a un manque de libellules et de bestioles qui hululent. Il y a tous ces trucs qui font qu'on se gargarise du progrès en caressant le nombril de l'économie, regardant toujours tout droit. Toujours tout droit.



Il y a aussi tous ceux qui, en allant de l'avant, n'oublie pas de prendre du recul.



Ce ne sont pas ceux que l'on croit qui vivent dans un bulle.



Avez-vous déjà offert votre plus beau sourire, aujourd'hui?!?

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1 Comments:

Blogger Eleonore said...

D'abord, qu'est-ce qu'un sourire ?où peut-on les trouver ? cela s'achète ? cela se réserve ?! dites-moi.
Serait-ce une gymnastique ? Un exercice avec les dents ? je chauffe ! non ? dites-moi.
Et le reste qui passe n'est-ce pas plus réel ?
An an an. Pan dans la bulle !
e.

26 novembre, 2010 01:15  

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