katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

jeudi, octobre 26, 2006

Le prix unique du livre

Les lignes qui vont suivre pour faire à mes amis helvétiques une proposition tout à fait décente suite à la continuelle descente aux enfers de la question du livre en Suisse.

Depuis quelques années, l’arrivée de la Fnac a bouleversé un petit milieu déjà assez loin de se « royaumer », le prix unique du livre n’existant pas, contrairement à ce qui est la cas chez nos voisins, des promotions en masse sont venues faire le bonheur du consommateur roi.

Comme je me plais à le dire, société de consommation, société de cons, en somme, sans sommation.

Seul Payot peut suivre cette petite guéguerre des prix. 51 points de vente indépendants ont disparu, et ce n’est qu’un début.

Dès aujourd’hui, et jusqu’à la fin du mois, 47 libraires indépendants (je vous laisse faire le calcul) vont retirer les ouvrages de leurs vitrines, geste hautement symbolique, pour tenter de sensibiliser les passants.

Ils espèrent que le livre soit considéré comme ce qu’il est : un objet à part, porteur de savoir et de rêves, qui doit pouvoir échapper à la toute puissance des lois du marché.

On peut appeler cela « exception culturelle », « santé intellectuelle » ou simplement « hygiène mentale », c’est selon.

Une décision politique sera prise à la fin du mois, mais comme un récent rapport du conseil fédéral a conclu que le marché du livre en Suisse est sain et stable ( !), les espoirs de voir la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national voter pour le prix unique semblent assez minces…

Bref, voilà ma proposition, s’il y a, parmi vous, des personnes qui achètent parfois des livres chez Payot, à la Fnac, ou, encore mieux, à la Poste ou dans un kiosque, je vous promets, s’il n’existe pas de librairie digne de ce nom à portée de vos souliers, de vous livrer, armé de mon abonnement général, ceci en moins d’une semaine et sans aucun frais supplémentaire, tout ouvrage dont vous me faites parvenir les références.

Mes commandes seront passées à la « Librairie Farenheit 451», à Yverdon, petite île remplie de livres qui tient encore debout grâce à la persévérance, au courage et à l’amour de la littérature des trois personnes qui se feront un plaisir de vous conseille si vous allez les trouver.

Alors voilà, il me reste à vous souhaiter une excellente journée.

Bien à vous.

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6 Comments:

Anonymous Benoit said...

Ah c'est pas juste pour les non-Suisses. À quand la livraison outremer ?

Du point de vue du professionel, c'est pas drôle non plus. Quand j'ai quitté Montréal en 1993, il y avait quantité d'indépendants et cinq chaînes et mini-chaînes. À mon retour neuf ans plus tard, la concentration était passée par là: presque plus d'indépendants et deux chaînes. Pour trouver un boulot de libraire, c'est la croix et la bannière. De plus, la plus grande chaîne, donc le plus grand employeur, est maintenant syndiquée. Meilleurs salaires, meilleures conditions: très bien. Mais pour y bosser, il faut d'abord accepter d'être sur appel, au plus bas salaire, en espérant passer à du temps partiel, puis un jour, à du temps plein: et toute expérience (six mois ou comme pour moi, 16 ans) préalable est ignorée, seule la hiérarchie syndicale interne est considéré. Je travaille donc pour un indépendant, et comme il n'y a pas de prix unique ici non plus, et que la guéguerre pointe aussi, la question est: combien de temps la poignée d'indépendant pourra têlle résister. Étonnant que l'industrie du livre ne voit pas ce qui lui pend au bout du nez: le même destin que l'industrie du disque. Et le consommateur lui, ne voit pas plus loin que le bout de son nez: il ne sera plus nécessaire de baisser les prix quand y'aura qu'un seul méga-vendeur, sans réelle concurrence.

26 octobre, 2006 14:46  
Blogger bulle de savon said...

Le livre ces pages précieuses que nous livrent leurs mémoires. Enlever les livres des vitrines ca va me faire mal au coeur de voir ça! Mais c'est tant mieux sinon je serais passée à côté de ce qui se passe, ayant d'autres chats à fouetter en ce moment mais non moins intéressants. Toujours aussi pertinent tes sujets Karim. Lire des posts sur un blog c'est une chose, lire un bouquin sur le web c'en est encore une autre et ca fout la trouille. Quel bonheur aussi de toucher la feuille de papier. Bref, je crois que 'ai besoin que les témoins de la vie, tous ces livres voyageant à travers l'espace et le temps, puissent m'apporter toutes ces émotions qui nous sont à tous très personnelles. Mais pour vous donner une idée, le film " vous avez un nouveau message " avec Tom Hanks et Meg Ryan est très parlant ! En ce qui me concerne je préfère la proximité à l'impersonalisation. J'ai une préférence pour les petites boutiques, mais je ne m'oppose pas non plus farouchement à ces " géants ".

26 octobre, 2006 15:06  
Blogger Le Clan des Coco's said...

Les petites librairies oui, mais alors qu'on fasse quelque chose contre les connasses qui peuvent y travailler. Je suis grossier, mais franchement ça fait vraiment du tort à la profession. Il se trouve qu'à Genève, une librairie pas loin des Bastions est le repère d'infâmes sorcières dont le rôle, pensez-vous, est de vous vendre des livres. Erreur monumentale que vous venez de commetre. Leurs buts sont de papoter le plus possible entre elles et d'être si possible aussi sympathique que la prison de Guantanamo avec les clients qui auraient l'outrecuidance de leur demander un renseignement sur -est-ce possible? - un livre!
Sinon trouver une vieille librairie croulant sous les livres et rangée selon un ordre mystérieux que seul connaît le propriétaire, rhaaa j'avoue que j'en rêve. Le problème des grandes surfaces c'est qu'elles sont trop aseptisées,rangées, classées. Un peu de folie bon sang!

26 octobre, 2006 23:03  
Blogger bulle de savon said...

Merde! oui, un peu de folie nom de bleu bon sang de bon soir :P

27 octobre, 2006 00:59  
Blogger katch said...

Eh bien c'est un peu moins chaotique que ce que tu rêves de trouver, mais lors de ton prochain passage à Lausanne, si tu ne connais pas déjà (ou même si tu connais d'ailleurs...)n'hésite pas à faire un saut à la bouquinerie qui se trouve à la place de la Louve, c'est magnifique.

En plus le type qui y bosse n'a rien d'une sorcière, c'est déjà ça de gagné....

27 octobre, 2006 09:39  
Anonymous coco edouard said...

Merci de l'adresse, j'y jetterai un coup d'oeil la prochaine fois que je passe par Lausanne.

31 octobre, 2006 13:29  

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