katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

jeudi, février 14, 2008

L'indignité comme fond de teint, la futilité comme fond de commerce

« Le docteur Christianssen s’est révélé un salaud. C’était son tour d’être un salaud. Car il ne faut pas croire, ils ont des salauds au Danemark aussi. C’est leur côté démocratique. Les Danois choisissent chaque année des personnes qui assument le rôle fraternel de salauds, par rotation. Les Danois sont très conscients et solidaires du reste du monde et ils ne veulent pas rompre les liens. »

Etre rattrapé par la réalité. Mange ta soupe, il y a des enfants qui meurent de faim. Le moment où cette vérité devient effective, n’est plus une sorte de parole aussi pertinente que les Ca va ? dont on ne sait plus s’il s’agit d’un simple balbutiement, lâché par inadvertance au moment de croiser quelqu’un, ou véritablement d’une question. Il fait beau aujourd’hui.

Il y a quelques jours, deux trisomiques ont été utilisés comme bombes humaines. Ou lorsque conviction rime avec abjection. Et ce sont des humains qui ont fait ça ? Quand va-t-on retrouver notre capacité d’indignation ? Un cri de ralliement au milieu du théâtre globalisé des horreurs. Choisir entre haine et folie, une fois de plus. Choisir ? Ici ? Vraiment ? Choisir quoi quand des expressions aussi creuses qu’insécurité de l’emploi et pouvoir d’achat rythment notre quotidien ?

Réussir à croire que les mots ne sont pas vidés de leur substance ne signifie-t-il pas le refus d’à-peu-près tout ce qui nous est proposé par ici ?

Un caricaturiste danois est menacé parce qu’il a dessiné Mahomet. Pratiquement tous les journaux danois ont enfin décidé d’être solidaires en publiant les reproductions blasphématoires. Et puis ? Et puis dans quelque temps plus que des journaux gratuits parce se poser la question de la signification d’une presse de qualité est plus difficile que de regarder une série télé. Et puis s’enflammer pour un SMS qu’un personnage ridicule de suffisance aurait envoyé. Et puis se dire que le people, c’est pour se changer les idées, pour ne pas se prendre la tête.

Et si, pour nous qui ne serons jamais « nés en 17 à Leidenstadt », se prendre la tête était la seule possibilité de dignité ?

« Je ne connais pas le danois, mais insuffisamment. »

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2 Comments:

Blogger katch said...

Lecture de ce matin qui fait écho:

"Il faut bien constater que plusieurs générations cultivèrent ce défaut d'exigence éthique comme la garantie d'une certaine douceur de vivre. Penser devint ainsi l'art de ne rien affirmer de décisif. Admirable invention, que l'on peut baptiser la pensée sans douleur et qui comblait si doucement la débilité morale du siècle"

Denis de Rougemont, Penser avec les mains

15 février, 2008 08:58  
Anonymous Anonyme said...

Il me smelbent que tu as fiat des fuates d'orhtogarphes dnas ce txete! Ne va pas torp vite Kraim!

18 février, 2008 18:32  

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