katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

samedi, avril 11, 2009

l'indéfinissable de l'indifférence









Les nuages défilent, déifiant mon imagination, défiant les rêves défunts, les songes défaillants ; un papillon semble avoir gobé une sorcière, un lapin remue du popotin, encouragé par un pépé sans dentier ; souvent se déploie un phénix renaissant de ses cendres moutonneuses.


Il me fait un clin d’œil à chaque fois, petit baiser blanc sur ma pesanteur du moment.


Mes chaussures en guise de coussin, je sens le vent qui s’engouffre dans la cour, me décoiffant dans le sens inverse de la course du troupeau ouaté ; mouvement contraire qui polit mes jours en une symphonie de frissons irréconciliables.


Traquer les failles dans l’indéfinissable de l’indifférence.


Ces mots écrits du bout des lèvres, hier soir.


Ne pas les comprendre, alors les relire encore. Encore.


On m’avait parlé de l’endroit mais je n’y étais pas encore allé. Le taxi ne connaît pas, nous nous égarons, tout d’abord. Renseignements pris, nous arrivons, impatients de voir si notre curiosité sera dorlotée.


Porte d’entrée à peine franchie, mon cœur met mes regards à nu, j’ai les yeux à fleur de beau. Cela peut donc exister. Pablo, il est là le café littéraire que nous avons rêvé. Escorté par une béatitude un peu irréelle, je voltige de la salle Arendt à la salle Deleuze, je m’assieds dans la salle Nietsche.


Une femme à la présence déstabilisante, irisant sa voix dans des foyers ardents inexplorés. Il y a d’abord eu un piano et une contrebasse ; puis la même configuration, dans une autre pièce, avec une batterie ; un peu de bossa-nova, aussi.


Traquer les failles dans l’indéfinissable de l’indifférence.


Deux couettes pour l’équilibre, elle chante, elle pleure, elle gémit, encouragée par l’homme qui aime son clavier, juste à côté ; elle ausculte nos oreilles formatées, elle s’insinue dans les recoins de notre tumulte.


Sortir du papier.


Pour ne pas que mes paupières flanchent, minuit passé, il faut que je me téléporte dans un univers parallèle ; pour que j’ai envie d’écrire, il faut des circonstances miraculeuses.


Je me suis relu à la Casa do Alentejo, cet après-midi, pendant que l’Inter jouait contre Palerme, que chaque geste d’Ibrahimovic respirait une facilité insolente ; j’ai tenté aussi de traduire quelques poèmes de Nuno Judice, exercice plus palpitant que les leçons bien « pratiques » de mon manuel.


Toujours ce poétique qui me traque, me détraque, matraquant en partie ma « conformabilité », me braquant dans l’inconfort de la quête entreprise, guetter lorsque la beauté se conjugue à l’amabilité.


Les nuages défilent, déifiant mon imagination, défiant les rêves défunts, les songes défaillants ; un papillon semble avoir gobé une sorcière, un lapin remue du popotin, encouragé par un pépé sans dentier ; souvent se déploie un phénix renaissant de ses cendres moutonneuses.


Le ciel me raconte sa version de « L’Histoire sans fin », Falcor est blotti dans mon cou, il tente de me protéger de Gmork, serviteur du Néant, bonne tête de banquier, qui se rit de mes raccourcis et de mes indignations.


Allongé sur le sol, le froid vient prendre la main du nébuleux attablé dans mon ventre.


Je rentre, me fais un café, lui demande s’il est d’accord d’aimer un biscuit. Je porte la douceur, puis la tasse, à mes lèvres.


Falcor est encore là, Gmork aussi, il guigne depuis la poubelle, avec son détestable air replet.


Je m’approche, l’envoie valdinguer ailleurs d’une demi-volée millimétrée.


Il ne l’avait pas volée.


Je me retourne, me propose de vous écrire, de continuer à vous dévoiler la toile déjantée qui étoile le toyet que je suis ; qui aussi l’étiole, parfois.


Jamais longtemps.


Traquer les failles dans l’indéfinissable de l’indifférence.


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1 Comments:

Blogger Ondine said...

Tout en poésie et en poétique...
Un café littéraire où on peut écrire mais aussi jouer du piano? J'ai certainement rêvé ce que je viens de lire.

12 avril, 2009 15:48  

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