katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

mardi, avril 07, 2009

On dit que...

“Un jour, on partira en Chine en bateau, toi, ma maman, mon papa et mes deux petits frères, il nous faudra quatre jours. Ce sera bien.”


Maintenant, elle laisse son regard tutoyer le bleu, chaque extrêmité de son oscillement la rapproche de ce qui brille au-delà des nuages du jour.


En arrière-plan, alors que deux grands faisaient les malins, qu’ils pensaient encore une fois se passer le ballon par-dessus la centaine de centimètres d’un de leurs potes, il a réussi à l’intercepter de la tête.


Lorsque l’objet de convoitise était au sol, les données changeaient du tout au tout, la taille n’avait plus son mot à dire.


Il a mis le premier dans le vent grâce à deux passements de jambes réalisés avec une aisance déconcertante, le second a eu le droit à un double-contact dont il doit encore se demander comment il est possible de l’effectuer à une vitesse pareille; puis il a fini le travail en glissant le cuir sous le ventre du gardien qui espérait vaguement réparer les pots cassés.


Au revoir, merci.


Catarina, elle, continue de se balancer, sans se soucier des petits footeux derrière elle.


De toute manière, malgré le mouvement répétitif dans lequel elle se fond depuis de nombreuses minutes, elle n’est pas là.


“En Chine, j’ouvrirai un restaurant dans lequel vous pourrez manger sans avoir besoin de payer.”


Elle m’avait dit cela en guerroyant avec un os qu’elle aurait préféré lancer dans l’eau plutôt que je l’aide. C’est une grande fille.


Le petit magicien vient de passer un petit pont, en toute sobriété.


De temps en temps, elle descend de la balançoire pour aller se raconter des histoires, en slalomant entre quelques pierres dont je n’ai encore pas réussi à déterminer s’il s’agit d’une réplique de totems pour Schtroumps ou un lieu de commémoration.


Les deux, probablement.


“On dit que je pense à quelqu’un que tu connais, pis tu dois me poser des questions pour trouver qui c’est, d’accord?”


C’était le jeu pour le train. Il y a eu Mickey, Salvador, Santiago, des fées que je ne connais même pas, quel nul; il y a eu moi, aussi.


Alors comme ça je me connais, lui ai-je dit. Elle a pouffé pendant cinq minutes.


Pas très loin, un papa brésilien, dégaine de Chico, accent et rayonnement fabuleux, orchestre une partie de cache-cache avec plein d’enfants.


Un gosse fait déjà comme les adultes que j’adore, il roule sur les pieds de tout le monde avec sa petite Jeep électrique. Il a une chance de devenir un homme, un vrai, s’il s’y prend maintenant. J’espère qu’il a de la bière sans alcool pour quand il rentre, que l’imitation soit parfaite.


Catarina m’a demandé un stylo pour dessiner et écrire, elle aime bien les (in)formes que je fais sur les enveloppes que j’envoie ( “C’est pour qui? Ton amoureuse?” ), alors elle tente de réaliser la même chose.


Plus tard, quand elle dormira déjà, qu’elle aura fait la soupe avec moi en me disant que je chantais bien, je me calerai dans le canapé du salon, avec, sur les genoux, le chat de la maison, qui est tout mal en point parce qu’il est tombé depuis la fenêtre, aussi avec une souris en peluche, appuyée contre ma joue.


J'aime bien l'idée de dormir avec des ennemis jurés, et gare à leurs fesses s'ils commencent leur cirque.


“On joue au jeu du train?” a aventuré la peluche.


Je lui ai fait un bisou sur le front.


Dors, plutôt, dans ma tête, au niveau des secousses sismiques, cela dépasse aussi allégrement les 6 sur l’échelle de Richter.


Cela me convient, mais tout le monde n’apprécie pas d’avoir plusieurs “villes fantômes” accrochées aux paupières.


Alors ferme les yeux, plutôt, continue de fermer les yeux; tu seras dans l’air du temps.

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7 Comments:

Anonymous Anonyme said...

ah enfin un message sur ton babysitting job!! très beau Katch! Petite question? Tu te débrouilles en portugais avec Catarina?
Bonne semaine avec A

a plus tchoupette!

07 avril, 2009 10:33  
Anonymous Valérie said...

Cher Katch,

Je te lis systématiquement et avec application. J'ai toujours souci de louper un joli passage si j'abandonne avant la fin...

Il y a souvent des bouts que j'aime, parfois d'autres qui me laissent plus sceptique (en même temps je suis quelqu'un qui se laisse facilement "rendre sceptique", donc...)
Et je voulais te dire que ce que j'adore, mais alors vraiment, c'est quand tu racontes des histoires... comme aujourd'hui.

Merci en tout cas, et j'espère que tu te portes bien.

Bon printemps!
Valérie

07 avril, 2009 19:54  
Blogger Aline said...

Ah oui, on aime bien tes histoires, surtout quand elle font rêver. Et surtout j'adore tes photos,superbes!C'est tout joli!!Merci pour la vidéo du joueur de piano, ça accompagne joliment bien les lectures....Gros bisous du Vully

07 avril, 2009 20:40  
Blogger Aline said...

Ah oui, on aime bien tes histoires, surtout quand elle font rêver. Et surtout j'adore tes photos,superbes!C'est tout joli!!Merci pour la vidéo du joueur de piano, ça accompagne joliment bien les lectures....Gros bisous du Vully

07 avril, 2009 20:41  
Blogger katch said...

Tchoupi, change pas de style, comme qui dirait.

Merci Valérie, je vais bien, et ce n'est pas moi qui vais te dire que je ne comprends pas qu'on puisse être sceptique, je pense que tu t'en doutes...

Ça me fait plaisir de savoir que tu me lis, en tout cas.

Alors en attendant d'en parler de vive voix, un jour, je t'embrasse tendrement.

Aline, j'attends les tiennes de photos, cré nom de sort! Besinhou.

07 avril, 2009 20:49  
Anonymous Anonyme said...

Je te vois plus dans un jardin d'enfants qu'à l'usine à leur faire des jouets en série, ça c'est sûr...

B.

08 avril, 2009 13:22  
Anonymous Anonyme said...

Les enfants et les chats – l’essence pure de bonheur ; ou selon
Katch
‘quand le cœur tutoie les étoiles ‘

Les autres , l’essence pure de tristesse, ou
quand la raison vouvoie la réalité.

08 avril, 2009 20:34  

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