katchdabratch

S'engouffrer dans le sillon de mots indociles; y façonner des points d'appui, pour soi et quelques autres. Pétrir les silences qui sont une partie du terreau où s'ensemence ce qui nous dispose dans le jour. Les inviter à s'ébrouer. Apparaît alors parfois une ouverture, elle offre au souffle un fragment de miracle: ne plus craindre la douceur.

jeudi, avril 02, 2009

que la folie me vînt de ce lieu








C’est un peu dur à trouver, il n’y a rien qui est indiqué, mais une fois que tu y es, oh oui, une fois que tu y es.


Si ce n’est pas ouvert, tu sonnes, tu fais un sourire à la bonne sœur qui te fait coucou, et tu expliques que tu viens juste boire un café.


J’ai donc fait mon possible pour arriver à bon port, ou plutôt à bon café, pas loin du port.


Wouaw, c’est comme ça qu’on dit ?!? Ou plutôt, c’est comme ça qu’on écrit ?!?


Parce que dire, oui, c’est ce que j’ai dit.


Wouaw. Cré nom de nom. Mazette de Mazette.


Personne pour confirmer ; j’ai eu la terrasse pour moi, plus de deux heures durant.


L’impression tenace qu’il suffisait de tendre la main pour caresser le fleuve, mais je ne voulais pas troubler la chorégraphie des oiseaux, déjà que je m’invitais pendant les répétitions.


C’était l’endroit parfait pour continuer de respirer au rythme de cette fascinante somme anthologique qu’est « Le poème continu » d’Herberto Helder.


« Il était doux et ténébreux que la folie me vînt

de ce lieu, qu’elle fût un arbre soutenant

mon âge. »


« Tant de noms font défaut qui nomment le silence. »


Plus tard, après avoir fait la sieste sur un banc, il est des plaisirs « simples comme bonjour » dont on ne se défait plus, je suis allé chercher à l’école les trois petiots que je garde de temps en temps.


Un endroit très sérieux où il avait été nécessaire de faxer une photocopie de mon passeport pour que je puisse partir avec eux, la première fois. Salvador qui courait pour me sauter dans les bras n’était pas suffisant.


Regardant le dit papier, la dame qui ne souriait pas m’a demandé mon nom.


Victor, Victor Hugo, me suis-je permis, en souriant.


Elle a tourné la feuille dans tous les sens.


Désolé, ce n’est pas ce qui est écrit.


Je n’arrivais plus à parler, dépité, alors je lui ai tendu le sésame à croix rouge.


Ah, elle était rudement soulagée. Je crois qu’elle a souri, attendez que je réfléchisse, ah non, peut-être même pas, en fait.


Le long de mon trajet depuis la gare, j’étais passé devant un des nombreux endroits qui ressemblent à des paradis pour squatteurs. Il était écrit ce qui suit, contre un mur. Cela perd de sa puissance évocatrice, quand on ne s’enlise pas dans les nasalisations, mais assurément pas de sa pertinence:


Éteins la télévision,

Allume la tienne, de vision



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1 Comments:

Blogger Denise said...

J'ai toujours aimé les lessives qui pendent le long des cordes... j'sais pas pourquoi...juste beau, voilà ;-)

quand à la télévision, y'a longtemps qu'elle est muette...et j'essaie d'allumer la mienne, pourtant je trouve que c'est pas simple... on est sacrément ébouli/envahi par toutes les lumières autour et souvent il semble qu'on est tellement éclairé-informé de partout qu'on ne ressent pas le besoin d'allumer sa propre chandelle... peut-être pour cela que j'aime tant la montagne en vrai (et la mer en rêve ;-)...et Ella Maillard, la vagabonde, mais je m'égarre..avec 2 "r" ou un? )...là-haut, y'a qu'le soleil...mmmm...(pensée pour Béatrice et l'Engadine, la plus belle semaine de marche de 2008)...vivement les Pyrénées, ça se précise ;-)

02 avril, 2009 15:21  

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